
Los Angeles : comment un joueur de Conakry s'est ouvert les portes d'une finale mondiale
Mamadou Saliou Diallo disputera les Global Esports Games du 1er au 7 décembre 2026 en Californie.
Le 8 août 2026, à seize heures, un jeune homme s'est installé devant un écran à Conakry.
En face de lui, par la connexion, des joueurs du Mali et du Sénégal. Un groupe de trois nations, chacune affrontant les autres deux fois. Deux places à prendre pour la finale mondiale des Global Esports Games, à Los Angeles.
Trois séries de rencontres, jusqu'à la fin de l'après-midi.
Mamadou Saliou Diallo a passé.
Il n'avait reçu aucune bourse. Aucun équipement fourni. Aucun financement public. Il s'est entraîné avec ce dont il disposait, dans un pays où la connexion coûte cher et tombe sans avertir.
Ceux qu'il a battus viennent d'écosystèmes plus structurés, mieux dotés, où le sport électronique bénéficie d'infrastructures et de soutiens que la Guinée n'a pas encore.
C'est cela, l'exploit. Pas seulement la qualification : les conditions dans lesquelles elle a été obtenue.
Le même week-end, la Guinée troisième d'Afrique de l'Ouest
Le lendemain, l'équipe engagée par la Fédération en Mobile Legends: Bang Bang terminait troisième de la zone Afrique de l'Ouest, à égalité avec le Ghana, derrière le Nigeria et le Sénégal.
Huit nations étaient engagées dans cette zone : le Bénin, la Côte d'Ivoire, le Ghana, la Guinée, le Mali, le Nigeria, le Sénégal et la Sierra Leone. Deux places étaient offertes pour Los Angeles.
Nos joueurs ont tenu leur rang face aux deux plus grandes nations de gaming de la sous-région.
La Global Esports Federation a confirmé la qualification par courrier officiel. Elle prend en charge le voyage, l'hébergement, les transports locaux et les repas de l'athlète et d'un chef de délégation.
Restent à la charge de la Fédération les frais de visa, les démarches administratives et la préparation de l'athlète. Les démarches sont engagées.
Du 1er au 7 décembre, à Los Angeles, un joueur venu de Conakry affrontera les meilleurs du monde sur eFootball.
Le sport électronique est souvent regardé comme un loisir. C'est aussi une industrie, avec ses métiers : organisation de compétitions, arbitrage, commentaire, production audiovisuelle, création de contenus, gestion de plateformes.
Pour des milliers de jeunes Guinéens qui jouent déjà, cette qualification dit quelque chose de simple : ce qu'ils font peut mener quelque part.
La Fédération Guinéenne du Sport Électronique félicite Mamadou Saliou Diallo, ses athlètes de Mobile Legends, et tous ceux qui les ont accompagnés, souvent bénévolement, souvent sans moyens, depuis huit ans.
La FEGeS.