
2 octobre : Ce que l'indépendance nous a appris !
Message du Président de la Fédération Guinéenne du Sport Électronique à l'occasion du 68e anniversaire de l'indépendance.
Il y a soixante-huit ans, un peuple a dit non à ce qu'on lui proposait, et oui à ce qu'il voulait devenir.
Ce jour-là, la Guinée n'avait ni moyens, ni infrastructures, ni soutiens. Elle n'avait qu'une conviction : qu'elle valait mieux que la place qu'on voulait lui assigner.
C'est cette conviction que nous célébrons aujourd'hui. Et c'est elle, à notre modeste échelle, qui guide notre Fédération depuis sa naissance.
Quand nous avons commencé, personne ne savait ce qu'était le sport électronique dans ce pays. On nous disait que ce n'était pas un sport, que ce n'était pas sérieux, que des jeunes devant des écrans ne construisaient rien.
Nous n'avions ni budget, ni local, ni appui. Nous avions des joueurs, des téléphones prêtés, des connexions capricieuses. Alors nous avons fait ce que fait un peuple quand personne ne l'aide : nous avons travaillé.
Aujourd'hui, la Guinée est membre de quatre organisations internationales du sport électronique. Elle a concouru à Bali devant cent six nations. Elle siège là où se décident les règles de la discipline. Neuf éditions de championnat national ont été organisées, et plus de cinq cents joueurs ont participé à une seule de nos compétitions.
Et au mois de décembre, un jeune homme de Conakry disputera une finale mondiale à Los Angeles. Mamadou Saliou Diallo s'est qualifié le 8 août dernier, face au Mali et au Sénégal. Sans bourse, sans équipement fourni, sans financement public. Avec ce qu'il avait.
Le chemin n'a pas été facile. Il y a eu des portes fermées, des attentes, des moments de doute. Mais notre histoire nationale nous a appris une chose : un peuple qui a dit non à la facilité il y a soixante-huit ans ne peut pas enseigner à ses enfants de renoncer au premier obstacle.
En ce jour de fête nationale, nous voulons dire une chose clairement. Nous ne nous considérons comme les adversaires de personne. Le sport électronique guinéen est assez grand pour tous ceux qui veulent y travailler. Ce que nous souhaitons, c'est travailler ensemble, dans l'équité et le respect de chacun.
Parce qu'au bout du compte, ce n'est pas une fédération qui gagne à Los Angeles. C'est la Guinée.
Un mot enfin aux jeunes de ce pays. On vous dit souvent que l'avenir est ailleurs, que ce que vous aimez ne mène nulle part, que pour réussir il faut partir.
Regardez Mamadou Saliou. Il n'est pas parti. Il a joué, il s'est entraîné, il a persisté. Et au mois de décembre, c'est le monde qui vient le voir.
Votre passion est une compétence. Votre compétence peut devenir un métier. Et ce métier, vous pouvez l'exercer ici.
Il y a soixante-huit ans, nos aînés ont prouvé qu'on pouvait partir de rien et tenir debout. Ce qu'ils ont fait pour une nation, vous pouvez le faire pour vos vies.
Bonne fête de l'indépendance à toutes et à tous.
Moussa CAMARA, Président de la Fédération Guinéenne du Sport Électronique; membre de l'IESF, de l'ACES, de la GEF et de WESCO.